Une page d'amour, Émile Zola

Publié le par Le Colibri

Une page d'amour, Émile Zola

Histoire

A peine Hélène arrivée à Paris avec son mari et sa fille que celui-ci meurt rapidement. Puis, lors d’une maladie de sa fille fragile, elle rencontre le docteur Deberle.

Un jeu de séduction commence entre eux deux, mais Hélène est pleine de scrupules, d’autant plus qu’elle devient rapidement l’amie de sa femme.

Elle cède malgré tout, suite à un concourt de circonstances : ce péché n’est ni connu ni renouvelé, mais il suffit à achever la petite Jeanne, fille d’Hélène. Elle meurt d’une maladie contractée lors d’une crise de jalousie, parce que sa mère était sortie sans elle – justement pour voir le docteur Deberle.

Après cette passion fulgurante et destructrice, Hélène finit par reprendre le cours de sa vie monotone, et se marie avec M. Rambaud, homme simple et juste qui s’était déclaré avant l’abandon d’Hélène au docteur. Ils quittent ensemble Paris pour retrouver la province.

Mon avis

Ce huitième tome des Rougon-Macquart peut sembler assez différents des précédents, ne serait-ce que parce qu’il est plus doux – aucun personnage n’est vraiment détestable ou méchant.

Mais lui aussi brosse un portrait sombre de la réalité, des mœurs ; et la fin – avec a mort de Jeanne – est aussi triste que celle de l’Assommoir avec la mort de Gervaise.

De plus, le découpage du récit en cinq parties de cinq chapitres chacune rend la lecture fluide et rythmée, et donne un peu de suspens au récit. Sa lecture a été plutôt agréable pour moi.

Cependant, j’ai deux remarques majeures à opposer à ce roman :

- La première est le titre, « Une page d’amour ». Pour moi, il ne s’agit pas d’amour : de désir, d’attente peut-être, mais pas d’amour. Les protagonistes ne se connaissent pas beaucoup, ne partagent pas grand-chose : j’ai du mal à concevoir qu’ils puissent être amoureux l’un de l’autre…

- La seconde concerne l’analyse qui est faite de l’histoire. Je cite (la quatrième de couverture) : « la petite Jeanne, condamnée par l’égoïsme des grandes personnes ». Parce que dans le récit, s’il y a quelqu’un d’égoïste, c’est bien la petit Jeanne tant elle est jalouse ! Elle refuse de partager sa mère, que celle-ci soit heureuse grâce à d’autres, et même lorsqu’elle commence à avoir conscience de sa méchanceté elle ne fait pas marche arrière…
Peut-être est-ce dû à son éducation, ce qui donne à Hélène une part de responsabilité, mais ce n’est pas la mère la plus égoïste !

Certainement un des romans de Zola les plus légers à lire, sans être aussi beau que « La faute de l’abbé Mouret ». Why not.

😐

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