Son excellence Eugène Rougon, Émile Zola

Publié le par Le Colibri

Son excellence Eugène Rougon, Émile Zola

Histoire

Eugène Rougon est un homme politique puissant sous le règne de Napoléon III.

Tombé un temps en disgrâce, il réussite à devenir ministre de l’intérieur (équivalent du premier ministre actuel) et peut ainsi, par sa puissance, aider les personnages de son entourage dans chacune de leurs « affaires ».

En parallèle, il s’éprend de Clorinde, fille d’une comtesse italienne : mais il refuse de l’épouser et donc elle se refuse à lui. Rougon la mariera avec un homme à lui docile, Delestang.

Mais l’envie de vengeance n’en reste pas moins présente chez Clorinde. Elle aidera Rougon à monter au plus haut, pour être actrice de sa chute et mettre son mari à sa place au poste de ministre de l’intérieur.

A la fin cependant, la force de Rougon se développe à nouveau au sein du corps législatif ; signe d’une nouvelle ascension (même Clorinde le reconnaitra).

Mon avis

Il s’agit du sixième tome de la saga des Rougon-Macquart. C’est un roman quasi-exclusivement politique, et il semblerait être celui qui ait eu le moins de succès – pour l’instant, ce n’est pas celui qui m’a le plus déplu…

L’étude d’une passion différente (le pouvoir à la place de l’argent) est intéressante, toute comme la continuité de l’histoire des tomes précédents à celui-ci ; j’aurais par ailleurs apprécié plus de liens, telle une visite de Rougon chez Aristide Saccard relatée dans « La Curée » et que l’on ne retrouve pas ici.

Donc beaucoup de positif pour moi dans la description à la fois du personnage – attachant par sa droiture malgré l’absence de scrupules) et du monde politique et impériale. Une pointe d’ironie dans la critique de ce monde m’a parfois fait sourire.

Cependant, il s’agit de personnages de Zola ce qui implique que les mauvais sentiments tel que la vengeance, la jalousie, l’ingratitude, la manipulation surtout, sont présents chez la plupart d’entre eux. Malgré cela, pour une fois, la fin est une note positive : après sa seconde chute, Rougon redémarre une ascension !

J’ai plus apprécié les deux premiers tiers du roman que la suite (l’injustice, l’ingratitude m’insupporte). On a ici un livre qui sans être exceptionnel peut être intéressant, entre autre parce qu’il décrit d’une certaine manière une partie de l’histoire.

😀

PS : Au vu des événements de ces derniers jours et d’une partie des réactions qu’ils suscitent sur les réseaux sociaux, je ne peux m’empêcher de penser aux abus de pouvoir de Rougon, utilisant certaines lois et sa puissance pour venir en aide à son entourage.

La France est un pays à la fois libre et réglementé : il y a la loi, par l’anarchie. Si une réaction est nécessaire, si une réponse au terrorisme est inévitable, il faut qu’elle soit en accord avec les lois qui sont les nôtres, avec la morale qui est la nôtre. On ne répondra pas à la barbarie par la barbarie, mais en montrant qu’en toutes circonstances les valeurs de notre pays ne sauraient être bafouées, ni oubliées.

Je suis la France.

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