Le Docteur Pascal, Emile Zola

Publié le par Le Colibri

Le Docteur Pascal, Emile Zola

Histoire

Le Docteur Pascal vit à la périphérie de Plassans avec sa nièce Clotilde qu'il a recueillit il y a près de vingt ans, et une servante qui est dans la maison depuis trente ans.

Il donne encore peu de consultations, tout à ses recherches et expérimentations médicales de guérison par des injections. De plus, il poursuit l'étude de l'hérédité de prenant pour exemple les membres de sa famille - les Rougon-Macquart.

Mais sa mère, Félicité, est exaspérée de tous les renseignements désobligeants se trouvant dans ses dossiers d'études. Elle profite de ce que Clotilde et la servante croient en Dieu pour les convaincre que le salut de Pascal réside dans la disparition de ces doucements.

S'en suit une brouille au sein de la maison, difficile à vivre pour chaque partie : jusqu'à ce que Clotilde finisse dans les bras de Pascal et se range de son côté.

Malheureusement, ces bons moments sont de courte durée : d'abord la ruine, ensuite l'opinion générale pousse Pascal à envoyer Clotilde soignant son frère Maxime à Paris, reniant ses sentiments.

Mais une fois partie, elle s'avère enceinte, et Pascal la rappelle à lui : mais, victime d'une attaque, il mourra avant son retour.

Enfin, malgré le désaccord de Clotilde, Félicité réussit à brûler tout le travail du docteur, laissant la gloire de la famille Rougon "sans tâche".

Mon avis

Je suis un peu triste face à ce vingtième et dernier tome des Rougon-Macquart, comme apres le dernier episode d'une série qu'on a suivi, de quitter tous les personnages et l'univers, la famille créée par Zola.

On y retrouve - et c'est d'ailleurs un peu surréaliste - cinq générations qui se côtoient :

- tante Dide, centenaire

- Félicité et l'oncle Macquart, octogénaires

- Pascal, proche de la soixantaine

- les frères et sœurs Maxime et Clotilde, 32 et 25 ans

- Charles (qui a deja 15 ans).

Cela nous donne une sorte d'épilogue de chacun des tomes précédents, où j'ai été ravie d'apprendre quels sont les enfants de Denise et Octave (à la suite du "Bonheur des Dames") entre autre.

Mais face à ce résumé de toutes les histoires des membres de là famille, une question me brûle les lèvres : un seul a-t-il été heureux ? Peut-être Désirée, l'idiote...

En tout cas, l'auteur nous ramène jusqu'au premier tome par l'évocation de l'histoire de Silvère : la boucle est bouclé, le cycle est terminé.

Au cu de ce qui était dit de ce dernier tome dans les précédents, j'imaginais qu'il n'allait être que cela : un récapitulatif. Mais après tous les thèmes évoqués au fil de la saga, le dernier semble être consacré à son auto fiction.

Et s'il s'agit d'une manière de décrire l'auteur avec sa maîtresse, je pense qu'il a une haute opinion de lui-même !

Mais malgré le statut de Docteur de Pascal, il est pris de folie misogyne, en tant que vieillard souhaitant la soumission et l'adoration de jeunes femmes.

Et ce n'est pas tout : la vision surréaliste de la combustion spontanée de l'oncle, entièrement brûlé dans une maison intacte, dénote avec le réalisme de Zola. Elle pourrait être drôle, mais d'autres théories médicales fumeuses développées dans le récit me font croire qu'il faut la prendre au premier degré...

Et les avancées de la science depuis l'écriture du roman nous permettent d'avoir un œil critique intéressant sur son aspect médical.

Sur un tout autre registre, les romans de Zola me font penser à un thème musical : les envolées rapides et joyeuses alternent avec les attentes lentes et graves, les chutes...

En effet, on retrouve Félicité (toujours aussi détestable d'égoïsme et de mauvaise foi) pour la lecture détestable d'un chapitre où, Pascal mort, elle fait tout pour brûler son œuvre - à bâffer. Et à côté, la belle description de la propriété à là campagne, avec son jardin, son terrain, nous donne envie d'y vivre comme Pascal et Clotilde.

L'évocation d'une autre belle propriété, celle du Paradou, qui n'existe plus en l'état, donne également au lecteur qui a connu "La faute de l'Abbé Mouret" un pincement au cœur...

Enfin, je suis contente d'avoir lu tout ce cycle, même si, avec Proust l'année dernière et là Zola, j'ai eu ma dose de grande œuvre classique pour un petit moment !

Quant au Docteur Pascal, peut-être est-ce l'aspect épilogue/résumé, ou bien le fait qu'il s'agisse du dernier, mais la lecture m'a plu !

🙂

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