La Faute de l'abbé Mouret, Émile Zola

Publié le par Le Colibri

La Faute de l'abbé Mouret, Émile Zola

Histoire

Serge Mouret est devenu curé dans un village de province où il a amené sa sœur suite à la mort de leurs parents.

Alors qu’il vit pauvrement dans la foi et la dévotion à la vierge, Désirée se complet dans sa basse-cour où elle observe innocemment la reproduction des bêtes.

Un jour, il accompagne son oncle, le docteur Pascal, au chevet d’un patient : il y rencontre Albine, jeune fille comme retournée à la vie sauvage dans le grand jardin du Paradou.

Cette rencontre provoque en lui un peu plus tard une forte fièvre, et c’est au Paradou que son oncle l’enverra guérir, avec Albine pour garde-malade.

A son réveil, il se souvient de peu de choses de son passé, ayant oublié entre autre qu’il est un homme d’église. Au fur et à mesure de son rétablissement, c’est comme s’il renaissait, et il s’éveille au jardin avec Albine, jusqu’au jour où ils font l’amour…

Là, le frère Archangias retrouve Serge et le ramène à son église, où il souffrira de remords et de repentir, mais encore plus de l’amour pour Albine qu’il ne peut assouvir.

De son côté, la jeune femme cherche à le récupérer, sans même savoir qu’elle est enceinte…

Cependant, la séparation est définitive : après de nombreuses luttes internes, la foi prend le dessus sur l’amour d’Albine dans le cœur de Serge, et Albine se suicide au milieu des fleurs…

Mon avis

Comme l’amour et la haine sont parfois proches, j’oscille entre « j’adore ! » et « je déteste ! » pour ce cinquième tome des Rougon-Macquart.

Le débat entre religion et « réalisme » m’a laissé de marbre, le lyrisme de la plupart des descriptions était trop perché pour moi, et chaque personnage semblait être une caricature de lui-même.

Et finalement, ce que j’ai apprécié dans ce roman hors du temps et de l’espace, c’est cette belle histoire d’amour que vivent Albine et Serge, malgré sa fin tragique. Le Paradou comme le paradis, l’innocence, la découverte de l’autre, les premiers instants partagés jusqu’à la première fois…

J’ai simplement trouvé ça beau.

Ensuite, la séparation, et sa douleur, comme la description de la fin d’un premier amour… Forcément, je voudrais toujours que les histoires finissent bien, particulièrement celle-ci.

Car, pour une fois dans un roman de Zola, j’ai trouvé des personnages attachants, auxquels je n’avais rien à reprocher : Albine et Serge m’ont séduite par la pureté de leurs sentiments.

Malheureusement, comme à l’habitude, ce n’est pas pour eux que le roman se termine le mieux…

Alors si je vous conseille ce livre, ce n’est pas pour le débat anti ou pro religion, ce n’est pas pour sa description naturaliste d’un environnement qui est la spécialité de Zola ; mais pour la belle histoire d’amour qu’il raconte. Plus forte encore qu’a pu l’être Roméo et Juliette : car ici, ce qui oppose l’union des amoureux, c’est eux-mêmes.

😀

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