La Débâcle, Émile Zola

Publié le par Le Colibri

La Débâcle, Émile Zola


Histoire

Des troupes militaires se déplacent en temps de guerre : on suit à la fois les manœuvres militaires, les combats, le quotidien des militaires mais aussi celui d'une partie de la population en temps de guerre.

Stratégie militaire, bataille de Sedan, victoire de la Prusse et désastre de la Commune nous sont ici contés.

Mon avis

La distribution de l'histoire est brève pour ce 19e tome des Rougon-Macquart.

J'ai simplement l'impression de suivre une succession de déplacement militaire, un peu comme un jeu d'échecs dans lequel on sacrifie des pions – c'est-à-dire avec mépris de la vie humaine. Ça m'a presque donné envie de jouer une partie de Risk !

Il y aurait certainement beaucoup plus de détails à donner, mais je n'ai pas assez de connaissances pour rattacher le récit au faits historiques de la guerre de 1870–71.

Cette ignorance m'a permis de bien percevoir l'aspect comique de l'histoire : on avance, on recule… Les armées se déplacent à travers toute la France sans combattre !

Cela nous donne une succession de descriptions militaires, principalement de ces déplacements, qui sont plutôt lourde. Les scènes de la vie quotidienne militaire sont (un peu) plus intéressantes !

De même, les retours en arrière, qui permettent de voir un même épisode de différents points de vue, ajoutent de l'intérêt à l'histoire. Ça me rappelle un peu les grands (gigantesques) tableaux qu'on trouve dans les musées, et dans lesquels on peut voir plusieurs scènes.

On en a beaucoup parlé pour l'instant, mais ce livre n'est pas seulement celui de la guerre : c'est également celui de l'amitié.

Au-delà du bel amour d'Henriette pour son mari, pour lequel elle brave tous les dangers et avec qui elle préférerait mourir, on retrouve la gentillesse de Jean (déjà rencontré dans « la Terre »), qui serait même un peu « trop bon trop con ».

Malgré ça, il permet la grande amitié de Jean et Maurice, qui montre l'humanité des individus face à la barbarie de la guerre et du nombre.

Cela me fait faire un parallèle avec « Voyage au bout de la nuit », où Céline, qui ne raconte pas la même guerre, décrit des faits semblables de camaraderie et d'horreur militaire.

Si la première d'entre elle est la boucherie de l'hôpital militaire, on a tendance à oublier que la guerre, ce n'est pas seulement une histoire d'hommes qui meurent : c'est aussi une histoire d'hommes qui tuent. Et cela entraîne, entre autres dommages collatéraux, la mort de nombreux civils.

À ce propos, j'aurais bien aimé savoir ce que sont devenus les autres personnages de la saga des Rougon-Macquart (surtout ceux qui habitent Paris, pendant la Commune) pendant cette guerre ! Même si je sais qu'avec Zola la fin doit toujours être triste : ici, Jean qui tue son meilleur ami Maurice.

En résumé, un bon livre de la guerre 1870–71 romancée, si le lecteur s'y intéresse et a déjà un minimum de connaissances à ce sujet.

😐

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