La curée, Émile Zola

Publié le par Le Colibri

La curée, Émile Zola

Histoire

Il s'agit du second tome des Rougon-Macquart, d'une certaine manière la suite de « La fortune des Rougon ». Aristide est monté à Paris pour y faire fortune : son frère Eugène, député, lui trouve dans un premier temps une place dans l'administration, et il vit de façon plutôt maigre avec sa femme Angèle et leur fille.

Petit à petit, il fait son trou et monte en grade, planifiant le projet qui lui permettra de faire fortune ; mais il lui manque la mise de départ nécessaire.

C'est à ce moment-là que sa femme tombe malade et meurt rapidement… Et qu'il épouse Renée, jeune femme d'une famille fort riche mais déjà enceinte.

Alors qu'avec la dotte comme fond de départ, Aristide profite des grands travaux de la Ville de Paris, avec ses boulevards et ses expropriations, pour amasser de l'argent et en dépenser encore plus, sa femme s'ennuie de plus en plus… Elle fait revenir le fils de son mari, adolescent, pour s'occuper.

Il s'entendent très bien, comme de bons camarades, et Renée fait l'éducation de Maxime dans le monde. Jusque jour où, alors qu'il a grandi, elle tombe dans ses bras…

Ils consomment l'inceste jusqu'au bout, ce qui rendra Renée peu à peu folle, surtout à l'approche du mariage de Maxime. Mais ce péché n'empêchera pas le père et le fils de continuer à bien s'entendre, et Aristide Saccard fera son second grand coup (de fortune) aux dépens de sa femme.

Mon avis

J'ai été à nouveau agréablement surprise par un second tome moins ennuyeux que dans mes souvenirs.

Le premier chapitre nous donne un avant-goût du sujet du livre, sa direction, en se situant en plein milieu de l'histoire ; alors que le second et tous les suivants reprendrons l'ordre chronologique depuis l'arrivée d'Aristide, qui devient Saccard, à Paris jusqu'à la mort de Renée.

Rapidement, on s'attache à cette femme (au point que les actions d'Aristide passent comme au second plan) malgré ce qu'elle peut avoir de détestable : ses caprices, son égocentrisme, sa frivolité, et la fameuse « faute » qu'elle commet, l'inceste qui n'en est pas vraiment un – Maxime n'est pas son fils, elle n'a avec lui aucun lien de sang.

Mon avis sur ce tome est très sommaire : il était pour moi moins intéressant que le premier, car il suit moins de personnages (se focalisant sur Renée, voire Saccard et Maxime) et a une importance moindre dans la construction de la saga.

Il dépeint, comme Balzac et Proust l'on fait pour d'autres époques, la vie de l'aristocratie parisienne. J'ai été choquée (même si ce n'est pas une surprise) par la jeunesse et la dépravation sexuelles des personnages, surtout féminins.

Enfin, en bref, Saccard est un salaud, Maxime un fainéant, et Renée au moins une pouffe entretenue ; tous sont égoïstes (et pas qu'eux !). Comme d'habitude, la fin est un peu triste et injuste, peignant la cruelle réalité de la vie.

Ce n'est pas forcément ce second épisode qui donne envie de lire les suivants, mais le premier : pour savoir ce que sont devenus les autres protagonistes. Et comme je le pensais, la lecture du premier tome m'a aidé à comprendre certains détails de celui-ci, même s'il peuvent être indépendants.

😐

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