La conquête de Plassans, Émile Zola

Publié le par Le Colibri

La conquête de Plassans, Émile Zola

Histoire

Après près d'une vingtaine d'années passées à Marseille en tant que commerçants, les Mouret se retirent à Plassans avec leurs trois enfants.

Sur les recommandations d'un abbé de la ville, ils louent le second étage de leur maison à l'abbé Faujas et sa mère, tout juste arrivés de Besançon.

Cet abbé, vivant dans la pauvreté, missionné par Paris pour faire élire par Plassans un "bon candidat" aux prochaines élections, va bientôt bouleverser la vie de la maison et celle de la ville. Il commence par récolter beaucoup d'informations en en donnant très peu, et intriguer la ville par son absence d'opinion politique avouée.

Il suit les conseils de Félicité Rougon : on arrive au pouvoir par les femmes. Il commence par séduire Mme Mouret à la religion ; elle devient dévote et néglige si ménage.

Ainsi, l'abbé Faujas conquiert peu à peu la population de Plassans et le ménage des Mouret : Mme Mouret devient fille de dévotion mais c'est son mari, qu'on croit fou, qui est amené à l'asile ; Plassans élit le candidat désigné par l'abbé à une majorité écrasante.

Cependant, il se néglige et son pouvoir sur la ville faiblit, même si les bourgeois n'osent s'en passer. De son côté, Mme Mouret change d'avis sur son mari et veut se debarasser de l'abbé et de sa famille...

Elle n'y parviendra pas à temps, se mourant chez sa mère pendant que son mari, échappé de l'asile, met le feu à leur maison et à ses habitants.

Mon avis

Il s'agit du quatrieme tome de la saga des Rougon-Macquart : on retourne à Plassans, petite ville de province.

Au départ, la vie tranquille d'une famille est enviable : Marthe, son mari et leurs enfants (déjà plutôt grands) mènent une vie paisible dans leur maison.

Le curé vient tout bouleversé : il ressemble plus à un envoyé du Diable que de Dieu. Il fait ressortir les aspects mauvais du caractère de chacun... Et peu à peu, tous deviennent détestables, ignobles : je n'ai pas trouvé une personne qui réveille en moi une complète compassion...

En somme, lire du Zola est toujours aussi déprimant, tout résigné qu'il semble sur l'ignomité de la nature humaine.

Ici, de plus, la construction du récit est différente que celle des tomes précédents : on perd le premier chapitre, qui était chronologiquement plus avancé et qui nous apportait à la fois le sujet de l'histoire et le suspens. Les chapitres sont plus courts et plus nombreux, donnant du rythme. Mais ils passent encore du coq à l'âne, et j'ai parfois l'impression que plusieurs pans de l'histoire, plusieurs personnages, sont mis de côté de comme oublié pendant des chapitres entiers.

Ensuite, la folie, la dévotion et l'amour d'un curé m'ont un peu perdu ; d'un autre côté, la description acerbe des priorités criticables des bourgeois était intéressante.

C'était bien la seule chose... Et encore, elle l'était plus dans les nouvelles ajoutées par l'édition à la fin du tome. Mais cela ne suffit pas à rendre mon avis positif, je note "La conquête des Plassans" et non la publications de Zola dans les récits de l'époque.


😕

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