Manoeuvres d'automne, Heinz G Konsalik

Publié le par Le Colibri

Manoeuvres d'automne, Heinz G Konsalik

Histoire

Schütze est un jeune officier allemand chargé d’un groupe de soldat durant les manœuvres d’automne effectuées devant l’empereur en 1913.

A la fois borné, sûr de son bon droit et adorant l’uniforme, il sert lors de la première guerre mondiale et évolue en grade. A la suite de la défaite de l’Allemagne, il retrouve sa femme et leurs trois enfants, devient placier en margarine mais ne perd pas l’amour de l’armée et de l’autorité.

Lorsqu’Hitler devient de plus en plus connu, Schütze a à la fois peur de ce simple caporal capable de captiver les foules, apprécie son idée de redonner à l’Allemagne une armée puissante, et s’effare devant les injustices toujours plus nombreuses.

Malgré cela, il servira encore durant la seconde guerre mondiale, qui emportera ses dernières illusions : seul compte sa famille, et l’industrie permettra de la nourrir puis de la mettre à l’aise.

Enfin, il pourra assister aux manœuvres d’automne depuis le haut de la colline, invité par le ministère de la guerre…

Mon avis

Les premières pages ne m’ont vraiment pas fait adhérer : ce jeune homme buté, les mœurs rigides du début du siècle dernier, l’armée – allemande de surcroit – et la guerre…

Mais ensuite, j’ai découvert à quel point les personnages, pas forcément complexes, étaient justes dans l’expression de leur caractère. Même quand ils ont tort, on peut comprendre ce qui les amène à penser ainsi.

La douleur de la femme qui déteste la guerre car elle lui prend mari et fils, mais qui aime quand même son mari passionné par l’uniforme. La manière dont Schütze, lucide quant à l’horreur que représente Hitler, finit par partager l’engouement pour une Allemagne plus forte. Tout cela est tellement réaliste.

J’en ai parlé à un collègue pour qui ça a évoqué le film « Die Welle » (« La Vague », en français) que je vous conseille très fortement et dont vous trouverez le résumé ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Vague_(film)

Dans l’un comme dans l’autre, on est amené à revoir ses positions fermées, et à s’interroger sur la manière dont on aurait réagi pendant cette période troublée de l’histoire.

Alors bien sûr, le récit n’est pas frais ou léger, plutôt très tourné sur l’aspect militaire, et on est souvent amené à détester tel ou tel personnage : pourtant, criant de réalisme sur la nature humaine, je vous le conseille.

🙂

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