L'oeuvre, Emile Zola

Publié le par Le Colibri

L'oeuvre, Emile Zola

Histoire

Claude, peintre, rentre dans son atelier lorsqu’il croise Christine, tout juste arrivée à Paris et perdue : il l’accueille pour la nuit.

Ils s’oublient ensuite, puis elle commence à venir le voir de plus en plus régulièrement et accepte de poser pour lui. Le public ri du tableau issu de ses poses, et Christine le console en s’offrant à lui.

Ensuite, ils partent pendant près de 4 ans s’isoler à la campagne, où naitra leur fils : mais l’effervescence de Paris finit par manquer à Claude. La famille revient donc louer un atelier dans la capitale : Claude retrouve ses amis, ses grands projets de peinture, mais aussi les difficultés financières.

Il s’attèle à une grande œuvre représentant une vue de Paris qui l’a subjugué lors d’une promenade, et peu à peu celle-ci prend de plus en plus de place dans sa vie : il néglige sa femme et son enfant, qui mourra une nuit sans que personne ne s’en rende compte…

Cependant, sa grande œuvre ne se termine jamais, et son nu de femme central prend la place de Christine dans le cœur de Claude, et aussi un peu de la raison de celui-ci.

Une nuit, Christine réussit enfin à reconquérir son mari – pour le retrouver pendu dans l’atelier le lendemain matin…

Mon avis

Il s’agit du quatorzième tome de la saga des Rougon-Macquart. Après le répit des romans doux et plutôt facile à lire que l’on a pu trouver au milieu, les derniers tomes semblent aussi maussade et désagréable au lecteur que les premiers.

Pour commencer par une note positive, le titre est bon et représentatif : ce livre évoque l’art, l’œuvre d’art ; qu’elle soit en musique, en peinture, en littérature et même en architecture ! Et il ne parle pas d’une œuvre en particulier mais de l’œuvre en général, d’une infinité d’œuvre : toutes celles produites et à produire !

Au départ, avec la beauté de celles du personnage principal, le peintre Claude, et son talent, je me demandais pourquoi Cézanne n’avait pas apprécié d’en être le modèle. Puis, petit à petit, j’ai compris : le succès n’arrive jamais à Claude, son histoire finit mal et sa santé mentale se dégrade…

que même s’il ne s’agit pas une autobiographie, on voit très clairement que Zola s’est inspiré de sa propre vie et de son entourage : dans l’ironie des descriptions, dans les détails autobiographiques… C’est un peu comme si l’auteur cherchait une excuse à ses livres, à sa production – parce que parmi les amis de Claude, c’est quand même l’écrivain et le meilleur ami, Sandoz, qui est le plus sympathique !

Et ce principalement pour son amitié : j’ai apprécié le fait de voir le même groupe d’amis rester ensemble pendant des années, même si certains s’éloignent temporairement, et que le groupe finit par éclater. Je partage un peu l’illusion de Sandoz, qui met ses amis au centre de son bonheur ; et lui, le meilleur ami, reste jusqu’au bout.

Là encore, dans la fin même de l’amitié du groupe, on voit la touche défaitiste de Zola : chaque bonheur est éphémère, il y a (presque) toujours le malheur ou la tristesse à la fin.

Cette histoire est à la fois une histoire d’amour et de déchéance ; la déchéance de Claude et l’amour que lui porte Christine, qui m’a donné envie d’aimer toute entière, comme elle !

Pourtant, son amour n’est pas récompensé. On voit à la fois l’effet du temps qui passe, la fin de la passion (qui m’ont fait peur dans mes espérances personnelles), et l’ingratitude de l’homme (« tous des salauds ! »). Claude, loin de remarquer les efforts de Christine, s’en éloigne et l’abandonne peu à peu…

Même l’histoire l’abandonne : qu’en est-il de Christine, que devient-elle après la mort de celui qu’elle a tant aimé ?

En somme, un livre qui, même si je ne l’ai pas trouvé exceptionnel, est plein d’intérêt et de romantisme.

🙂

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