Au Bonheur des Dames, Emile Zola

Publié le par Le Colibri

Au Bonheur des Dames, Emile Zola

Histoire

Ce onzième tome des Rougon-Macquart est la suite directe du précédent, « Pot-Bouille ».

Suite à son mariage avec la veuve Hédouin, Octave Mouret lui insuffle ses rêves de grandeur : elle meurt lors d’un agrandissement de son magasin. Mais cet agrandissement ne sera pas le dernier, le « Bonheur des Dames » ne cesse de croitre, en multipliant les rayons et en baissant les prix. Ce qui entraine la mort des petits commerçants du quartier, un à un.

C’est dans ce contexte que Denise, orpheline d’une vingtaine d’année, débarque à Paris avec ses deux jeunes frères dans la boutique de son oncle : une de celles qui se meurent.

Vendeuse à la recherche de travail, elle entre dans la grande machine qu’est « Le Bonheur des Dames ».

Malgré l’intérêt immédiat que lui porte le patron, rejetée par les autres vendeuses, ses premiers mois seront bien difficiles à vivre, jusqu’à un renvoi qui l’aurait jeté dans la misère sans la compassion de l’un des petits commerçants.

Plusieurs mois plus tard, elle entre à nouveau au « Bonheur », où elle est favorisée par M. Mouret qui s’avoue sa passion pour elle… Mais la jeune vierge ne cédera pas, au grand désespoir du patron, même si leur amitié sera à l’origine d’améliorations dans le grand magasin.

L’issue est inévitable, et pour une fois la fin est heureuse !

Mon avis

Mon opinion positive sur ce livre est certainement due au fait que, malgré certains caractères détestables (et non moins réalistes), il est à la fois romantique et résolument moderne.

Romantique, car contrairement à « Pot-Bouille » (et malgré les mœurs légères de certains personnages), il est plein d’amour et d’amoureux :

- l’amour libre de Pauline pour Baugé, l’amour rêvé de Colomban pour Clara, l’amour jaloux d’Henriette pour Octave, l’amour contenu de Denise pour Octave, l’amour dévorant d’Octave pour Denise, mais aussi l’amour multiple de Jean pour les femmes, et celui de Denise pour ses frères, l’amour résigné de Deloche pour Denise…

Tous ces amoureux et amoureuses rendent les personnages attachants et permettent une identification, car on est tous ou on a tous été amoureux au moins une fois dans notre vie !

Et pour une fois, tout est bien qui finit bien, l’étreinte finale d’Octave et de Denise est presque ressentie par le lecteur, comme la beauté de leur amour triomphant.

L’histoire est aussi résolument moderne par son récit de grand magasin mangeant les petits commerces : n’y a-t-il pas encore aujourd’hui le même débat entre supermarchés avec galerie marchande ou centres commerciaux, et boutiques des centres villes ? Près de 150 ans plus tard.

De même, le désir de shopping et la frénésie acheteuse (principalement des femmes) n’est-elle pas toujours autant d’actualité ?

En parallèle, on découvre le fonctionnement du commerce et les rouages d’un grand magasin parisien : comment ne pas penser à Printemps ou aux Galeries Lafayette ? Tous les rayons, la beauté des vitrines…

Du shopping, de l’amour ; de l’instruction sur le commerce, de vives descriptions : je n’échappe pas à la règle et ce tome me plait particulièrement. En espérant que toute la seconde moitié des Rougon-Macquart soit similaire ! Mais j’en doute (il y a « Germinal » dans la liste…).

🙂

Commenter cet article