La prisonnière, Marcel Proust

Publié le par Le Colibri

La prisonnière, Marcel Proust

Histoire

Dans ce cinquième tome d'A la recherche du temps perdu, le narrateur rentre de Balbec à Paris avec Albertine, qui va vivre chez lui plusieurs mois, profitant de l'absence de sa mère partie pour Combray.

Elle y est sa prisonnière : la jalousie du narrateur est à son comble. Il épie ses faits et gestes, se fait relater ses sorties par son amie Andrée ou par le chauffeur, et s'évertue à la priver des moindres plaisirs qu'elle souhaite. Il y voit systématiquement la possibilité de plaisirs homosexuels.

Parallèlement, pour rendre son emprisonnement plus doux, le narrateur offre à Albertine de nombreux cadeaux, principalement des toilettes.

Il se sent également emprisonné, se privant de sortie et d'autres femmes pour retrouver celle qui l'attend chez lui. Cependant, le récit (comme les tomes précédents) se structure encore autour de jour ou de soirée clé, telle celle passée chez les Verdurin et organisée par M. de Charlus pour faire découvrir les talents de son protégé, le violoniste Morel.

Arrivés à Paris au milieu du mois de septembre, le roman se finit par le départ d'Albertine, une matinée de printemps, alors que le narrateur est encore endormi.

Mon avis

Ce livre m'a à nouveau déplu par le portrait sombre qu'il dessine du genre humain : un narrateur jaloux au point d'empêcher tous les plaisirs de celle qu'il aime, une Albertine menteuse voire manipulatrice, un M. de Charlus imbu de lui-même et colérique (selon moi il reste un des plus tendre), un Morel violeur, un couple Verdurin manipulateur et faiseur de querelles, etc. Seule la reine de Naples évoquée semble bonne - et encore est-ce peut-être parce qu'on sait si peu d'elle...

Quelques gentillesses faites par les uns et les autres pourraient rendre le tableau moins sombre, mais en le rendant plus vraisemblable, elles ne m'en dépriment que plus...

Au sein de ce récit où amour, fidélité, amitié, sincérité, semblent n'être que le fruit de notre imagination (quand nous les constatons dans la vie réelle), j'ai retrouvé des phrases criantes de vérité sur chacun de ces sujets. La douleur de la jalousie, la manière de feindre une rupture quand on souhaite l'inverse, l'envie de fusionner deux âmes pour connaitre entièrement la vie de l'autre : ne voici que quelques exemples.

Cependant, la lecture est plus aisée car l'histoire parait plus actuel : le concubinage des deux protagoniste pendant plus de six mois n'y ait certainement pas pour rien.

J'ai particulièrement apprécié le moment où un septuor interprète l'oeuvre de Vinteuil, et les sentiments ou sensations qui en découlent chez le narrateur, que j'ai trouvé (pour une fois) à la fois beaux et vrais. A peu près autant que la scène suivante du "complot" contre M. de Charlus pour l'exclure du petit cercle m'a déplu.

En bref, le récit est réaliste et plaisant à lire, parfois dérangeant, et je crois toujours en un monde réel plus rose.

=)

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