Le côté de Guermantes, Marcel Proust

Publié le par Le Colibri

Le côté de Guermantes, Marcel Proust

Histoire

Ce troisième volume d'"A la recherche du temps perdu" tourne principalement autour des Guermantes - quoi de plus logique, vu le titre.

Pour commencer, le narrateur tombe amoureux de la duchesse de Guermantes : il essaye de la croiser tous les matins lors de sa promenade, de se faire introduire chez elle par son neveu Saint-Loup, et même de récupérer une photographie la représentant. Cet amour n'est plus e premier : il se dissipera rapidement.

Le narrateur s'intéresse également à d'autres jeunes filles, telles Albertine ou Mme de Stermania, souvenirs de Balbec.

Ensuite, il devient plus spectateur qu'acteur en entrant dans "le monde", du salon de Mme de Villeparisis à celui de la duchesse de Guermantes, et même l'hôtel particulier de M. de Charlus. On y parle littérature, homme du monde et surtout généalogie aristocratique.

Le tome se finit sur une invitation au bal de la princesse de Guermantes que le narrateur essaye d'authentifier : on ne sait pas s'il finit par s'y rendre.

Mon avis

Même remarque que pour les deux premiers volumes : la lecture est lente, allongée par les nombreuses descriptions. Les temps de lecture et d'action sont totalement décorrélés : le récit d'un dîner sera lu en plusieurs jours alors qu'une heure de lecture pourra voir défiler plusieurs semaines de la vie du narrateur.

Ici, il quitte le monde de l'enfance pour celui de l'adolescence, voir de l'âge adulte ; et il devient de plus en plus frivole, avec pour centres d'intérêts principaux les femmes et l'aristocratie...

Bien sûr ici encore au centre de tout, il est invité là où personne d'autre ne l'est, fréquentant les gens les plus brillants - sinon comment le lecteur pourrait-il les connaitre ? Pourtant il n'est pas snob et n'a aucun des défauts qu'il reproche aux autres... En somme, un personnage bien trop parfait pour qu'on s'y identifie, un peu le moi rêvé de l'auteur !

Malgré cela - ou peut-être parce qu'au fil des scènes il devient de moins en moins un personnage à part entière mais juste la lorgnette par laquelle le lecteur regarde - le narrateur nous plonge dans un univers. Quand il nous décrit son dîner chez les Guermantes, on se croirait presque à table à côté de la duchesse !

Enfin, quelques remarques pertinentes ou justes interrogations font la démarcation du roman, que, malgré les lenteurs et critiques qu'on peut lui faire, on termine en se précipitant sur le tome suivant comme sur le prochain épisode d'une série...

=)

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