Une journée particulière, Anne-Dauphine Julliand

Publié le par Le Colibri

Une journée particulière, Anne-Dauphine Julliand

Histoire

Ce livre est la suite de « Deux petits pas sur le sable mouillé », où l'auteur nous raconte la vie de sa fille Thaïs, de l’annonce de sa maladie dégénérative et incurable à sa mort, ainsi que l’histoire des premiers mois d’Azylis, sa seconde fille, malade également, qui a subit une greffe pour ralentir ses effets.

L’auteur raconte ici sa journée du 29 février, où sa fille Thaïs aurait eu 8 ans. Mais elle était atteinte d’une maladie génétique dégénérative et incurable, et est morte à à peine trois ans trois quarts.

Lors de cette journée, on découvre sa vie de famille :

  • avec son aîné Gaspard qui entre bientôt au collège et dont les remarques d’enfant ont toujours été pleines de justesse ;
  • avec sa deuxième fille, Azylis, elle aussi atteinte de leucodystrophie métachromatique, coquette et pleine de vie du haut de ses presque six ans malgré la maladie qui diminuent sans cesse ses capacités ;
  • avec Arthur, trois ans et demi, le dernier de la famille
  • avec Loïc, son mari, qu’elle continue à aimer très fort malgré les/grâce aux épreuves ;
  • avec Thérèse, la nounou, pleine de bonté partie intégrante de la famille ;
  • avec ses amies qu’elle n’a pas perdues et qui sont toujours restées à ses côtés.

Le récit est celui d’un quotidien peu ordinaire qui se veut malgré tout normal et surtout heureux, ponctué de souvenirs qui se veulent autant de leçons de vie et de bonheur. L’auteur nous explique comment, dans et après les difficultés, elle a continué à vivre et à être heureuse.

Mon avis

Ici, on suit à nouveau la vie de la petite famille, moins mouvementée cette fois : plus que la souffrance des parents, de l’entourage, plus que l’évolution de la maladie et la solidarité qui s’installe, on apprend surtout le retour à la normal, le retour au bonheur.

Anne-Dauphine nous explique comment aimer est un choix, qu’il faut renouveler continuellement, et comment l’amour est la seule chose que l’on peut toujours donner, sans conditions, mais aussi à quel point c’est important. L’histoire ne parle pas (forcément) d’un ou de plusieurs enfants malades, pour moi elle raconte simplement les difficultés de la vie et la manière dont on peut les surmonter, quelle que soit leur taille.

J’avais été très ému par la lecture du premier livre, et j’avais beaucoup aimé la phrase : « il faut rajouter de la vie aux jours quand on ne peut plus rajouter de jours à la vie ». J’ai l’impression qu’elle s’applique ici, mais différemment. L’important n’est pas de vivre un maximum de choses, et d’être dans une cours effrénée contre le temps – au contraire, il faut comme Thérèse s’en faire un allier dont on ne se soucie plus plutôt qu’un ennemie. Mais il faut ajouter continuellement de l’amour dans nos actes, et autour de nous, aimer sans conditions, et surtout quoi qu’il arrive continuer à vivre. Non pas s’arrêter, mettre sa vie entre parenthèse le temps de la difficulté puis la reprendre une fois l’épreuve passée : non, plutôt continuer à vivre, toujours, et à partager nos problèmes avec ceux qui nous aime et qui ne demande que ça.

Je pourrais en parler des heures ; j’avoue que ce livre m’a fait réfléchir. Et il m’a donné envie d’aimer, surtout mon homme, et de le rendre amoureux chaque jour. Aussi bizarre que cela puisse paraitre, malgré toutes les difficultés que cela a pu engendrer pour ce couple, Anne-Dauphine et Loïc, il m’a aussi donné envie d’avoir des enfants. Pas tout de suite, mais quand même.

Seuls bémols selon moi :

  • La croyance de l’auteur en Dieu. Je n’y crois personnellement pas, donc j’ai du mal à voir en quoi cela a pu l’aider, mais j’avoue que si telle a été le cas j’en suis contente pour elle.
  • Son optimisme trop prononcé. C’est une bonne chose de prendre la vie du bon côté et de souligner ses aspects positif, mais au fil des pages, j’ai eu l’impression de me retrouver dans un entourage idyllique, sans disputes : un peu le monde des Bisounours. Même si les réactions décrites sont tout à fait réaliste, je suis loin d’être certaine que les choses ce soient passées aussi bien dans toutes les familles confrontées à la même épreuve, et je ne peux m’empêcher de penser que la réalité a du être un peu moins rose que ce qu’Anne-Dauphine voudrait nous faire croire.

Emouvant, bien écrit, plein de vie et de bonheur, je conseille ce livre et son prédécesseur, « Deux petits pas sur le sable mouillé », sans hésiter.

=)

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