Sula, Toni Morrison

Publié le par Le Colibri

Sula, Toni Morrison
Histoire

On découvre au début du roman deux petites filles complices, à peine atypique, pour suivre leurs destins. Elles sont toutes deux noires et habitent un quartier où ne vivent que des gens de couleur.

Alors que l'une d'entre elles (Nel) rejoint un destin classique et fonde une famille, l'autre (Sula) va partir, pour revenir des années plus tard, seule, avec l'originalité commune à tous ceux de sa famille et un goût particulier pour les hommes.

Mon avis

Ces deux fillettes ont rapidement animé en moi un sentiment particulier, quelque chose entre l'admiration, le dégoût, et une question : avons-nous tous plus ou moins été comme elles ?

Les autres personnages n'apportent que l'ambiance, le mélodrame, mais en rien l'histoire : l'histoire, c'est celle qu'elles vivent.

Et puis le titre, pourquoi "Sula", pourquoi pas "Sula et Nel" ou "Nel et Sula" ? Sula n'est rien sans Nel, il faut quelqu'un pour voir, pour comprendre, pour aimer. Pour détester, aussi. Sans ça, l'originalité de Sula parait fade, suscite peu d'intérêt. De même que la vie de Nel parait comme disparaitre en l'absence de Sula : pas un mot sur les enfants, la maison...

J'ai beaucoup aimé ce que j'ai pris pour les morales du livre : tout cela n'a pas d'importance, aucune atrocité, aucune trahison. La vie suit malgré tout son court, et Nel aime Sula malgré qu'elle soit à l'origine du départ de son mari.

Et puis, le mal rassemble les gens dans le bien. Regrouper le mal sur une seule personne, sur un seul objet, en épargne tous les autres. Mais une fois le pharmakon disparut, chacun finit par reprendre sa part de mal en lui...

Enfin, on ne peut pas ne pas aimer : même Sula, égocentrique, hédoniste, finit par basculer pour Ajax, et c'est ainsi qu'elle le perd... De même, on ne peut pas être insensible à tout, à tous les autres : elle a été sensible à lui.

Seul point négatif à mes yeux (à part la généralisation de la tromperie) : la mort de Sula, semblable à celle des "méchants" dans les anciennes tragédies, assimilable à une punition divine ; comme si on ne pouvait pas vivre ainsi, dans le plaisir et l'égocentrisme, impunément.

Après tout, un livre ne s'analyse pas. Chaque chapitre m'a donné envie de lire le suivant, chaque chapitre a provoqué en moi des sentiments, définissables ou non. A lire.

=)

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