Pays de Neige, Yasunari Kawabata

Publié le par Le Colibri

Pays de Neige, Yasunari Kawabata

Dans le Japon du milieu du siècle dernier, un homme part par trois fois en séjour à la montagne, dans le pays de neige, où il retrouve la même geisha, attachée à lui de manière un peu plus que professionnelle.

L'inconvénient, quand on lit la préface (ou se qui s'en rapproche), c'est qu'elle peut élever les attentes. Prix Nobel de littérature, génie contemporain...

Trois possibilités alors :

- Je n'ai pas tout compris. Comme, en tant qu'auteur bien japonais, Yasunari Kawabata ne dit pas tout, sous-entend plein de choses - ce que j'ai par ailleurs beaucoup apprécier concernant les actes sexuels, qui ne se trouvaient pas détaillés -, j'ai manqué quelque chose. Une part des subtilités m'a échappé, ne me permettant donc pas d'apprécier ce livre à sa juste valeur.

- La misogynie naturelle du livre - âge et physique de Komako comme des autres geishas détaillés, rien sur le narrateur ou les autres hommes -, associée à des préjugés faciles - la femme tombe amoureuse, l'homme s'en fou à peu près - m'a trop dérangé pour apprécier les sentiments du narrateur, étant trop concentrée sur ceux de Komako.

- Il n'y avait rien d'exceptionnel.

Cependant, j'ai apprécié ce livre ; comme je l'ai dit, il s'agit simplement des inconvénients des préfaces : on s'attend à quelque chose d'exceptionnel, on se trouve face à quelque chose de bien.

La blancheur du pays de neige amène à la rêverie, il semble complétement coupé du monde extérieur, et le train semble être une passerelle entre deux mondes. Tout est suggéré, laissant ainsi la possibilité au lecteur de faire travailler son imagination, et de donner aux scènes et aux choses la beauté qui lui plait.

Le personnage de Komako est attachant, un peu instable, suscitant la curiosité : envie de savoir ce qu'elle pense vraiment, de savoir ce qui la retient, de savoir ce qu'a été sa vie d'avant. Sa beauté, son acharnement au travail, bien qu'elle dise le contraire - et quel travail ! Son basculement dans la profession de geisha... évoqué sans tabou, sans raccourci facile, sans préjugés sur le sujet (sur ce sujet !). On a envie de l'aider, de découvrir ses faiblesses et de lui offrir une épaule sur laquelle s'appuyer.

Vous l'avez compris je pense, le personnage du narrateur m'a beaucoup moins plu : la manière dont il trompe sa femme impunément - c'est peut-être les choses de la vie mais je reste naïve et pleine d'espoir d'un monde meilleur ! La manière dont il se sert sans (presque rien donner en retour, et surtout sans raison. C'est pourtant par son oeil qu'on voit la beauté des paysages et des gens, et une certaine incompréhension partagée.

Ensuite, la scène finale, comment ne pas en parler. On sait, ou plutôt on devine, comme tout ici, que le narrateur va partir, qu'il ne reviendra certainement pas, et pourtant il gardera ces souvenirs gravés, avec peut-être une interrogation sur ce qui s'est passé ensuite, en ce pays de neige, dans le village de Komako. Comme nous, ou en tout cas comme moi.

Pour conclure : est-ce que je me souviendrai de ce livre ? Oui. Est-ce que j'aurais envie de le relire ? Je ne pense pas.

=|

Commenter cet article